mardi 30 avril 2013

Spécialiste ou touche-à-tout: le mélange des genres

Quelle différence entre consulter un praticien de médecine chinoise ou acupuncteur et un thérapeute utilisant l'acupuncture comme thérapie secondaire voir même comme un "simple supplément"  ?

L'acupuncteur ou praticien de médecine chinoise bénéficie d'une solide formation en acupuncture et/ou tuina, diétetique et pharmacopée. Il ne se contente pas de passer quelques heures à apprendre la poncture, ni des protocoles de traitement ou bien encore des points particuliers sans réfléxion fondée sur les bases théoriques fondamentales de la médecine chinoise. Il n'a pas besoin d'utiliser d'autres thérapies en dehors de celles de la médecine chinoise pour faire correctement son travail. Il bénéficie d'une longue formation et apprend la gestion de l'hygiène en cabinet, le risque sanitaire et des
techniques sécuritaires en acupuncture, formation à laquelle on ne peut absolument pas prétendre lorsque l'on travaille avec l'acupuncture comme deuxième spécialité, à moins d'avoir suivi une formation complète en médecine chinoise ou acupuncture. 

Il est regrettable de voir que de nombreux professionnels qui n'ont jamais ouvert un des classiques de la médecine chinoise ou qui ne maitrisent pas les risques liés à cette profession, se mettent à placer quelques aiguilles en plus de leur thérapie principale. Souvent, on utilise des points d'acupuncture "recette", ou "d'experience", alors que le spécialiste en acupuncture ou en médecine chinoise pose un bilan de santé très  fin et défini une stratégie thérapeutique individuelle. La médecine chinoise, dans sa physiologie, tout comme dans les traitements ou la prise en charge n'a strictement rien à voir avec la plupart des thérapies modernes. Souvent il est nécessaire d'étudier le chinois médical afin de pouvoir faire de la recherche et progresser dans ce domaine. C'est une médecine qui demande un investissement total. Nous nous posons dés lors la question de savoir comment des praticiens utilisant l'acupuncture comme thérapie secondaire, sans réelle formation, peuvent proposer cette discipline dans leur établissement. En utilisant des points "recette" ou des protocoles de traitement prêts à l'emploi, ils ont effectivement une chance sur deux d'arriver à améliorer l'état d'une personne. Cela relève plus du coup de poker que du sérieux et du résultat basé sur un traitement de qualité. 

Si vous souhaitez consulter en acupuncture ou en médecine chinoise, regardez
donc les registres nationaux, cantonaux ou les listes de praticiens des organisations professionnelles de médecine chinoise. Vous vous assurez ainsi un traitement fait dans les règles de l'art et en toute sécurité. Il ne s'agit pas de disciplines qui peuvent être pratiquées après avoir suivi 2 ou 3 séminaires. 

Dans le doute, n'hésitez pas à demander à voir le diplôme du praticien et à le questionner sur sa formation. Assurez-vous toujours qu'il a suivi une formation spécifique en acupuncture et/ou médecine chinoise. Actuellement, une telle formation, varie de 700 a 5000 heures selon les pays.

Un praticien correctement formé étudie les classiques telles que le Nan Jing, Su Wen, Ling Shu, Jin Gui Yao Lue, Shang Han Lun, Pi Wei Lun, Zhenjiu Jiayi Jing (pour ne citer que ceux là)  et s'intéresse aux travaux des figures majeurs de cet art médical.

Lors d'un bilan de santé, le praticien effectue pratiquement toujours une prise de pouls détaillée, l'observation de la langue, une possible palpation abdominale ou des points d'acupuncture et un interrogatoire très détaillé qui  peut prendre de 5 à 30 minutes selon les praticiens. A ce sujet, vous pouvez lire l'article: Déroulement d'une consultation en médecine chinoise

En Suisse, les praticiens diplômés de l'Opsmtc doivent justifier d'un minimum de 1000 heures de formation.

Votre assureur sera surement reconnaissant de savoir que vous allez chez un spécialiste. Cela lui permettra de rembourser sans jeter l'argent par la fenêtres parce que le non spécialiste aura fait un traitement recette qui n'aura pas fonctionné.

On irait pas dans un restaurant de cuisine française pour demander au cuisinier de nous faire un poulet au curry vert Thailandais !

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